Ce matin, je suis allée rendre visite à une amie. Bien sûr, j'avais emmené mes deux p'tits bouchons (je ne pouvais pas faire autrement!). Elle, avait toute sa smala. Comme souvent, les échanges sont limités et régulièrement interrompus. On ne s'en plaint que peu car on sait. On ne se plaint pas d'eux parce que ce sont des enfants, des enfants qui vivent, qui crient, qui jouent. Et puis, il faut l'avouer, ça nous fait plaisir de voir les enfants de l'autre, de voir comme ils ont changé et d'exhiber notre propre progéniture.

Je pars au bout de deux heures pour emmener mes petites terreurs chez le médecin (normal, c'est le début des vacances). Et quand je rentre à la maison, je les mets au lit pour enchaîner avec le ménage. Une journée rythmée, chargée, comme bien d'autres quand je ne travaille pas (où quand les parents attendent la reprise du boulot pour se reposer!).

Et là, je me suis dit « Mais, en fait, on se fait avoir ! ». Et par nous, j'entends les mamans. C'est vrai, on se trimballe toujours nos gosses ! Est-ce que vous avez déjà entendu vos hommes dire : « Jv'ais chez mon pote Marc demain, j'emmène les enfants. » ou « La semaine prochaine, avec Thierry, on emmène les p'tits au parc. » Oh, ça doit exister. Et j'entends déjà mon homme me dire « Mais c'est pas ma faute, mes potes n'ont pas d'enfants ».

Il n'empêche, ce n'est pas toujours facile d'être une mère à notre époque. Nous sommes coincées entre ce qu'on attend de nous et la pression que nous nous mettons toutes seules. Nous devons être des femmes modernes, nous voulons montrer que nous sommes capable d'être des mères, des femmes, des épouses et des professionnelles. Mais la vie est injuste. Je me souviens quand mon cher et tendre me disait il y a quelques temps déjà qu'il aimerait plus tard faire comme son chef qui partait plus tôt le vendredi soir pour aller chercher sa fille à l'école. Ah, n'est-ce pas cruel d'entendre les gens s'émerveillaient de ce genre de comportement quand on nous accuse d'être des feignasses de manquer de professionnalisme quand nous faisons de même? Et puis, une mère qui va chercher ses enfants à l'école, c'est normal, un père, c'est un super héros ! Nous hésitons, passons du temps à réfléchir, envisageons divers scenarii, préparons une liste des choses à faire pour que l'homme ne soit pas perdu en cas de sortie sans enfants. Et la culpabilité nous accompagne durant ses instants de relâchement (raison pour laquelle nous sommes bien souvent obligées de boire pour oublier et parce qu'en vrai, on est quand même super contente d'être libre et de faire la chouille en se comportant... comme de grandes enfants!). L'homme, lui, nous abandonne, mal coiffée, dans notre pantalon sans forme et ce pull taché d'on-ne-sait-quoi, sans nous donner de consigne, sans un petit air triste de ne pas rester avec sa famille bien aimé. C'est le sourire aux lèvres qu'il part s'amuser, sans honte ni complexe. Et dans le fond, il a peut-être bien raison.

J'me f'rai bien une petite soirée entre filles...