Bravant la pluie, je me suis rendue au centre commercial, aux risques et périls de ma chevelure désormais trempée.

J'ai accompli mes missions et donc atteint mes objectifs de dépenses. Afin de ne point trop inonder ma jeune progéniture en formation shopping, je décide de raisonner/rationaliser mes déplacements. Aussi, plutôt que de rentrer au domicile familial pour y rester à peine plus de vingt minutes, je décide de continuer à flâner au milieu des boutiques en attendant la sortie de l'école de mon aîné.

Les promotions s'affichent dans plusieurs boutiques. Je tente ma chance dans une boutique de lingerie où j'eus jadis quelques habitudes. Inutile de perdre du temps, je demande de suite à la vendeuse ce qu'elle peut me proposer dans ma taille. Le choix est limité, très limité. Peut-on même encore réellement parler de choix (pour une femme désireuse de faire l'acquisition de nouveaux dessous) quand à peine trois modèles sont proposés (dont un qui n'est pas du tout mon genre) ? La vendeuse vérifie auprès de sa chef. Non, elles n'ont rien d'autre en magasin qui pourrait convenir à ma silhouette, à mes goûts, à mon confort. La patronne le déplore également. C'était pourtant, d'après ses dires, une taille qui se vendait bien mais la marque a décidé de ne plus en faire (du moins, de se limiter à certains modèles). Pourquoi ? Pourquoi cette injustice ? Pourquoi alors que cette taille trouvait acquéreuses ? C'est insensé !

 

Je m'interroge sur l'avenir de ce monde où on peut trouver sa taille de soutien-gorge dès lors que cela commence à demander plus de tissu. Quel avenir de lingerie pour ma fille ? Les dictas auront-il évolué, lui permettant de porter les sous-vêtements qu'elle désire ? Où va-t-elle devoir se contenter d'un modèle basique qui n'aura d'intérêt que son côté pratique ? Je m'insurge. C'est un cas évident de discrimination envers les femmes plantureuses, généreuses, pin-up et autres femmes ayant des rondeurs. N'avons nous pas le droit, au même titre que les autres femmes au tour de poitrine moins important, à des sous-vêtements sexy, coquins, en dentelle ou en satin, discrets ou colorés ? Devons-nous nous contenter d'un simple modèle sympathique, mignon mais sans fioriture ? Devrons-nous casser notre tirelire pour satisfaire notre féminité dans des boutiques aux prix moins décents ? Comment et pourquoi une boutique qui devrait répondre aux besoins et envies de toute sa clientèle féminine oublie-t-elle autant les femmes dans leurs courbes et leurs diversités ?

 

In-sen-sé !

 

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