Tout dans cette journée, dans cette semaine écoulée, me donnait des impressions de dernières avant que tout change.

Dernier réveil dans une sorte d'insouciance où règne encore une certaine liberté. Où je ne me sente pas encore oppressée par ce lendemain.

De toute façon, quelque soit l'issue de la journée, il y aura des insatisfaits, des mécontents, des contestataires, des manifestations, des protestations.

Je m'inquiète des bouleversements qui peuvent s'annoncer. Vais-je vraiment devoir montrer mes papiers lorsque je passerai la frontière voisine pour faire notre habituel spa avec ma copine D. ? Perdrons-nous le sentiment d'être chez nos sympathiques voisins, aussi amateurs de bonnes bières, de frites et joviaux que nous pour se dire que nous serons "à l'étranger" ?

Je sais que la créativité ne faiblit point en ces périodes de doutes et d'obscurité. Mais aurons-nous la même liberté pour l'exprimer ?

Va-t-on devoir s'habituer à vivre dans une uniformité claire, pâle sans la richesse des couleurs et des cultures ?

Va-t-on voir tous ceux qui nous entoure avec un nouvel oeil, se demandant s'ils font partie de l'autre côté, celui qui est obscur ?

Un dernier tour à la boulangerie sans me poser de question.

Un dernier repas entre amis dans la bonne humeur, sans s'interroger.

Une dernière mise sous pli qui peut tout changer.

 

Et si j'essayer de vivre cette dernière journée dans une forme d'espoir ?