Jeudi, jour d'accueil de classes. Comme c'est la fin de l'année et que les enfants ne nous écoutent plus beaucoup, nous avons décidé de leur proposer des jeux. Toujours en demi-groupe, l'un en médiathèque pour regarder les livres, l'autre dans la salle d'animation en train de jouer. Et on change à la mi-temps.

Nous recevons la première classe, qui a un quart d'heure de retard (ça sent les vacances aussi chez les enseignants !). Ce sont des élèves de grande section et de CP. Je m'occupe du groupe en médiathèque qui s'est scindé en deux (un demi-groupe d'un demi-groupe). Je suis en train de demander à un des quarts de classe de se tenir correctement sur notre grand fauteuil rose quand un lourd bruit de fracas retentit dans la médiathèque. Je sursaute avec effroi et surprise et me retourne. J'accours vers les lieux du sinistre, trois travées sont tombées.

Je me précipite vers les enfants, leur demande de s'éloigner. Je m'empresse de rejoindre les deux élèves qui sont encore à côté des « décombres de documents ». A côté, pas dessous, c'est déjà une bonne chose. Il n'y a pas d'autres enfants. Je leur dit de bouger et de venir avec moi. L'institutrice m'a rejointe.

Commence alors l'interrogatoire accompagné d'une inspection. Comment est-ce arrivé ? Que s'est-il passé ? As-tu mal quelque part ? Montre-moi où tu as mal ? Qui a vu ce qui s'était passé ? Est-ce que ça va ?

C'est beau la jeunesse. Deux élèves, proche des lieux du drame n'hésite pas à dénoncer leurs camarades. « C'est lui ! ». Les accusés sont penauds, hésitants, peu clairs. En fait, ils sont surtout peur de se faire gronder alors ils n'osent trop rien dire. Finalement, parce que nous sommes fines et expérimentées, nous parvenons à dénouer le vrai du faux et à connaître le fin mot de cette histoire. L'un des deux, voulant attraper un livre inaccessible pour lui (ce n'est qu'un futur élève de CP), audacieux et inconscient, a décidé de l'escalader ! Nos travées n'étant pas vraiment le Mont Everest (tant en hauteur qu'en stabilité), tout s'est écroulé. Comme quoi, même un poids plume peut suffire à faire contre-poids s'il s'appuie au bon mauvais endroit. Ou alors, cet enfant était le fils de superman et n'a pas senti sa force !

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Après avoir eu les jambes flageolantes, avoir été rassurée qu'aucun enfant n'ait été blessé, avoir utilisé notre toute nouvelle poche de glace, nous avons pu, avec ma collègue, « contempler » avec philosophie l'ampleur des dégâts. Heureusement, nous sommes des femmes pleines de ressources. Nous avons soulevé les rayonnages, nous les avons démontés, nous avons ramassé les documents, fait l'inventaire de ce qui était abîmé puis réaménagé la zone.

 

Être bibliothécaire, c'est vraiment faire plein de métiers !