Nos rencontres sont bien souvent brèves et éphémères. Il est vrai que je m'embrase rapidement et très vite, cela devient chaud entre nous. Finalement, j'ignore quasiment tout de lui. Je ne prends pas le temps de le laisser me raconter son histoire. Je le consume, je le dévore. Certains ont d'ailleurs meilleur goût que d'autres. Je n'aime pas le goût insipide des soit-disant autobiographies ou biographies de star d'un jour. Je n'apprécie guère le goût amer d'histoires douloureuses à la couverture sèche. Je m'amuse des surprises qu'ils représentent parfois. Un trou dans la couverture ou même, des poils qui dépassent ! Des tirettes, des éléments qui se soulèvent, se dévoilent, de surprenantes matières qui jalonnent les pages et me font un repas complet et varié.

Mais ceux que je préfère, ce sont les livres anciens. Les pages jaunies par le temps, les vieilles reliures, les pages cousues par le fil blanc. Le cuir, j'aime son contact. Je brûle ardemment, je le caresse de toute ma chaleur.

De nos histoires, il ne reste jamais que des cendres, souvenirs qui s'envolent au souffle d'un courant d'air.