Je me demande à partir de combien d'enfants les gens vous laissent-ils tranquille ?

A peine a-t-on le premier, qui nous suscote encore le sein ou la tétine de son biberon tout en faisant cette petite grimace caractéristique du "je suis en train de te préparer une belle surprise dans ma couche",  que déjà certaines personnes s'empressent de nous demander : "A quand le deuxième ?". Et ce, avec un grand sourire. Mais est-ce un sourire bienveillant, de sympathie ou de pur sadisme ?

Non parce que là, notre corps porte encore les séquelles du plus beau moment de notre vie. Nos cernes affichent la joie totale d'avoir un bébé si éveillé, surtout en pleine nuit, à 1h, 3h et 5h du matin. Nos vêtements présentent les reliefs de plusieurs repas que notre chère progéniture a cru bon de partager. Le miroir nous renvoie une image que nous reconnaissons à peine mais que de toute façon, nous avons à peine le temps de voir car déjà, petit bonheur nous crie son envie de quelque chose ! Bref, à ce moment-là, notre première pensée est rarement : "Mais put***, mais maintenant ! J'ai trop envie de remettre ça. De toute façon, je saute sur mon homme tous les soirs pour profiter de ce gros bidon que j'ai gardé, ce serait dommage de ne pas s'en servir. Et puis, le sommeil, c'est surfait."

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Parfois, il arrive qu'en effet, une deuxième merveilleuse soit en cours de fabrication. Joie, bonheur, félicité, comme pour l'aîné mais avec en plus, cette satisfaction de se dire qu'on va pouvoir échapper à cette question. Mais les gens sont sournois. Ils ne nous laissent pas tranquille. Non. Ils ont bien d'autres questions sadiques en réserve pour nous, les mères. Et oui, car là encore, bien souvent, l'inégalité nous frappe de plein fouet. Rarement les papas ont la chance de se prendre en pleine face ce genre d'interrogations. Pour autant, la gente masculine n'est pas en reste côté Inquisition du repeuplement. C'est un homme, qui, sourire machiavélique aux lèvres, nous a dit, face à mon gros bidon : "Si c'est encore un garçon, faudra en faire un troisième." Mais de quoi je me mêle ? Pourquoi faudrait-il qu'on ait les deux ? Et pourquoi deux garçons, ce ne serait pas suffisant ? Et puis, il est pas culotté de nous dire ça alors qu'il a deux filles et qu'il ne veut pas remettre le couvert une troisième fois pour avoir un garçon ?!

 

Nous avons eu une fille. Le choix du roi dit-on. Mais pas le choix du peuple apparemment. Parce que deux, ce n'est pas suffisant. On pense en avoir fini mais non, il y a encore des gens pour nous demander si on va en faire un troisième. Je m'interroge donc, à partir de combien d'enfants, les gens estiment-ils que nous avons suffisamment contribué au renouvellement humain de la planète ? Non parce qu'en plus, ces mêmes gens, vont te dire aussi : "Ah oui, quatre enfants, quand même !" avec cet air mêlant effroi, critique, jugement et fausse admiration.

Les gens ont alors plein d'idées pour nous motiver. Nous en avons récemment découvert une nouvelle. Nous allons déménager dans une autre région et je vais me retrouver, temporairement, sans activité. Plusieurs personnes m'ont donc naturellement proposé de faire un numéro 3 ! Ben évidemment ! Ca m'occupera. Que vais-je faire de tout ce temps libre qui va s'offrir à moi ? Découvrir cette merveilleuse et magnifique région qui sera la nôtre ? Prospecter pour une nouvelle activité ? Finir mes 1001 projets en cours ? Gérer la maison et les enfants (que j'ai déjà) dans ce début de grande aventure ? Non, ce qui occupe vraiment une femme, c'est de faire un gosse !

Ben oui, mais quand j'aurai retrouvé du travail, j'en ferais quoi de ce petit dernier bouche-trou ? Je le rends ? A qui, à ceux qui m'ont suggéré de le faire ? Non parce que, je ne conçois pas de faire un enfant juste pour m'occuper pendant une période d'inactivité professionnelle indéterminée.

Et si on nous foutait la paix avec ça, qu'on ait 8 petits monstres ou aucun. Laissez-nous décider de ce que nous souhaitons offrir (ou pas) pour diversifier l'espèce humaine.

 

Je dois avoir une tête (et un physique, il est vrai), à faire des enfants. Ce doit être pour cette raison que les gens veulent repeupler la planète avec mon utérus...