Jeudi 26 mars 2020

9e jour à jouer les maîtresses. 10e jour de confinement.

Zut, j'ai beau m'être couchée plus tôt hier (peut-être seulement 23h15), je suis encore fatiguée quand le réveil sonne. Nanou est déjà prête. Je prépare le petit déjeuner la tête dans le c**. Lorsque tout est prêt, nous allons réveiller La Crapouille qui semble être d'aussi bonne humeur que la veille au soir. Alors, je me contente de l'inviter à se lever pour être prêt pour son travail scolaire avec sa marraine ½ heure plus tard. Il est en effet de mauvais poil. N'ayant plus ni force ni patience, je ne parviens plus à me contenir et seuls des cris de colère teintés de désespoir parviennent à sortir de ma bouche. Aussi, quand je m'accorde ces quelques courts instants pour aller aux toilettes, suis-je obligée d'en sortir pour déverser ce que je ne peux plus contenir (la colère, pas mon besoin naturel) parce que la petite s'obstine sur la porte de la salle de bain que son frère a fermé à clé pour ne même pas se brosser les dents. Horrifiée par moi-même, je finis par craquer de nouveau dans ma chambre. A l'abri des regards, des mots doucement s'échappent de ma bouche pour implorer une libération de mes tourments. J'y passe un certain temps, peut-être 20mn. Je finis par descendre pour faire le travail avec Nanou. La Crapouille se refuse toujours à travailler et sa marraine s'est finalement avérée occupée ce matin (elle a en effet pas mal de boulot). Je contient mal ma voix en récitant l'alphabet. Je me contiens difficilement ne écoutant la lecture de l'album La couleur des émotions. Le travail de ce matin est fini pour Nanou. La Crapouille n'a rien fait bien que je lui ai laissé les feuilles sur le bureau.

Je suis une mère horrible. Je ne sais plus me contenir et me retenir devant mes enfants innocents qui n'y peuvent rien. Mal dans ma vie, je ne parviens plus à faire face à leurs peines et chagrins, à leurs émotions quand moi-même, je ne maîtrise plus les miennes. Comment vont-ils pouvoir se construire et apprendre à être heureux quand ils ont une telle personne en face ? Je leur fais mal, je ne leur suis pas bénéfique. Je devrais être la mère protectrice qui les entoure d'amour, de tendresse, qui les rassure, les amuse et les éduque. Je n'apporte que la souffrance qui déborde de moi.

Je voulais faire un journal de bord de ce confinement avec les enfants pour mieux le vivre. Pour que les enfants aient une trace. Je l'ai partagé pour que d'autres s'amusent un peu de ce difficile quotidien. Au lieu de cela, il s'est transformé en journal d'une peine de cœur qui jamais ne guérira. D'une souffrance qui submerge jusqu'à l'anéantissement. Je ne suis pas certaine qu'il soit judicieux ni intéressant de continuer une rédaction si peu amusante à lire. Attention, ceci n'est pas un appel à réaction. Et telle que je me connais, je suis bien capable de poursuivre ce journal, il ne sera plus lu, c'est tout. Il faut bien que j'essaie d'évacuer et comme je ne peux ni hurler ni nager, ni vraiment me foutre une put*** de grosse murge de sa race parce que j'ai tout de même la responsabilité de mes petits virus, il ne me reste que les mots et les arts « créatifs ».

 

Allez, pour apporter une pointe d'humour malgré tout. Je suppose que vous être nombreux à avoir entendu au moins une fois « pleure, tu pisseras moins ». Et bien, je peux vous confirmer que c'est un mythe, une légende, un mensonge. Avec tout ce que j'ai pleuré ce matin et le peu que j'ai bu et bien je me suis déjà rendue dans les lieux d'aisance au moins quatre fois. Cette expression est donc aussi valable et absurde que celle qui dit « un de perdu, dix de retrouvé ».

 

Si je vous passe les moments de la journée qui ne se sont pas bien passés, je ne vais plus raconter grand chose ! Donc, après un mauvais repas, j'ai tout de même fait un temps relaxation (où moi j'essayais de me détendre en faisant du shopping en ligne). Au moins, La Crapouille et moi nous sommes calmés et fait des câlins. S'en est suivi un petit temps lecture avant de reprendre le travail. La première séance s'est bien déroulée. Je les ai laissés se défouler en retournant le salon durant le temps récréation mais dès qu'on demande de ranger, ce ne sont encore que cris et protestations. Que c'est difficile de devoir répéter et demander quinze fois les mêmes choses pour ne pas être obéi et sans cesse contrariée, dans l'opposition. Les enfants en mode rebelle en permanence avec leurs sempiternelles « c'est pas moi », « c'est l'autre » « mais.... ». La deuxième séance a été nettement moins fun car les enfants passablement énervés. J'ai dû faire remonter la petite et j'étais ravie de voir le grand s'énerver un peu avec sa marraine comme il le fait avec moi. Je trouve aussi qu'il met plus de temps à faire son travail de cette manière. Bref, vivement la sortie journalière avant que je n'en étrangle un ! Cela étant, je me disais que c'était presque le bon moment car pas d'instit pour s'inquiéter de l'absence d'un enfant ! Mais d'un autre côté, avec le confinement, il ne faut pas chercher loin pour trouver la coupable.

 

Nous sommes donc allés jusqu'au supermarché à pied (plainte des enfants par ce que « c 'est looooiiinnn », en l’occurrence 15mn). Quelques petits achats dont un jeu de carte pour travailler avec Nanou. Retour à la maison pour mettre en peinture les œuvres de la veille. Je n'ai pas fini la mienne. Je ne finis jamais en même temps que mes enfants. D'abord, parce que je dois sans cesse m'interrompre pour faire quelque chose pour eux. Et ensuite, parce que je suis trop dans le détail alors ça me prend plus de temps. Après un petit détour par leur chambre pour se calmer, ils m'ont aidé à préparer le repas. Une lecture et une chanson à trois dans mon lit et... Ben non, pas au lit car une fois encore, la petite cherchait ses doudous. Quand elle ne cherche pas ses chaussons (qu'en fait, elle ne cherche pas vraiment car elle ne les met jamais), elle cherche ses doudous.

C'est bon, ils sont couchés. Enfin, l'aîné va encore lire jusqu'à pas d'heure, malgré moi et mes demandes de se coucher. Et j'ai tenu bon, ils ont été sanctionnés pour leurs comportements, ils n'ont pas eu de télé de la journée.

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Au menu du jour

Déjeuner : quiche sans pâte au chou fleur et au jambon et riz

Goûter : kiwi, banane compote et kinder !

Dîner : escalopes de veau à la milanaise, petits pois , frites