automne

 

Aujourd'hui, c'est la Sainte Fleur. Je nous imagine, nous les femmes, au réveil, telles les roses effleurées par la rosée du matin, ou qui laissent derrière elles une délicate senteur de jasmin, qui rayonnent comme un tournesol ouvert à la vie. En fait, je nous idéalise. En tout cas, pour ma part, tout cela ne semble être qu'un « rêve bleu ».

Mes cheveux ont pris les couleurs de saison, c'est volontaire, je suis une automnale et en plus, j'ai de la chance, ça me va bien. Mais je me sens comme une petite feuille sur ma branche. Mes couleurs ont changé, certes, je flamboie et ravis les yeux qui m'aperçoivent et m'admirent mais cela est signe d'un grand changement. Déjà mon entourage s'éloigne et peu à peu mes copines les autres feuilles me laissent. Je me retrouverai bientôt seule à regarder le monde en attendant que le vent me soulève et m'emmène vers mes nouvelles aventures. Je me sens un peu fanée. Mes cernes ne me quittent plus et deviennent mes nouvelles meilleures amies, fidèles, un peu trop à mon goût. Je me réjouis de porter des lunettes qui parviennent quelque peu à les dissimuler à ceux que je fréquente. La fatigue est toujours présente, les jours raccourcissent mais mes nuits ne se sont pas vraiment rallongées. Du fait, le café est devenu mon premier soutien (contre la fatigue) et je deviens addicted à son incroyable pouvoir de « bouge ton cul, t'as du boulot ma fille ».

Je vous rassure, je ne suis pas en train de frôler la dépression, pas même la déprime, juste d'envier l'idée de l'hibernation ! Il y a des jours où on n'a pas envie, où le lit nous semble être le plus bel endroit du monde (surtout quand il est bien occupé) et où on se régalerait bien encore un peu de maroilles ou de raclette. Ah, automne, tu me rends mélancolique.