Faut que j'vous dise

vendredi 27 avril 2018

Faut que j'vous dise, je me suis fait poser un lapin

Mais pas n'importe lequel. Un lapin professionnel. Un lapin par des adhérents.

Il m'est déjà arrivée de me retrouver seule dans la médiathèque désertée par le public. Attendant, guettant l'adhérent qui passera enfin la porte. J'attendais une heure, parfois deux et enfin, une âme venait me sauver de la solitude.

Seulement là, c'est différent. Il y a un peu de passage dans l'équipement. Plusieurs personnes sont venues faire des prêts et retours. Mais les sièges du comité lecture, que j'avais sympathiquement installés de façon convivale, restent désespérément vides de toute présence « fessière ». Pas de discussion autour de l'automate ou des nouveautés. Pas d'échanges sur les derniers décès dernières nouvelles du village, pas de bibliothécaire attendant que ce beau petit monde passe dans la pièce d'à côté pour commencer.

sièges_vides

Je guette l'heure sur mon ordinateur. 14h23. Je m'interroge. 14H28. Je soupçonne. 14H29. J'alerte une collègue d'une autre médiathèque de ce qui me pend au nez. 14h53. Je pense que je peux officiellement déclarer que je me suis fait poser un lapin pour mon comité lecture de 14h30.

Je pense échanger avec moi-même sur mes dernières lectures. J'espère que je ne serai pas trop bavarde et que je ne ferai pas plein de digressions qui saoulent tout le monde. Je trouve la bande dessinée que j'ai présenté vraiment intéressante. Annie Sullivan & Helen Keller, l'histoire d'une femme qui va aider une petite fille aveugle et sourde à s'ouvrir au monde et à communiquer. Je trouve que l'auteur et illustrateur a superbement traduit l'état d'Helen. Comment dans son monde silencieux et sombre elle perçoit les choses puis apprend à les connaître. J’acquiesce, c'est vrai que c'est bien fait.

 

helen_keller

 

La loose, je réalise que je ne me suis même pas servie de café, ni de petits biscuits pour accompagner. Je suis une bien piètre hôtesse. Je me rattraperai au goûter.

Je retourne à mes autres tâches d'agent spécial au service de la lecture publique, avec un petit sentiment d'abandon.

La schizophrénie m'aurait bien aidée aujourd'hui !

 

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vendredi 29 décembre 2017

Faut que j'vous dise, les lectures pour enfants ont grandi

Alors que je cherchais un visuel pour annoncer notre prochaine heure du conte pour les petits, je suis tombée sur une photo qui m'a interpellée.

Tout d'abord, elle a retenu mon attention par côté onirique et poétique.

Puis, je l'ai regardé avec un peu plus d'attention. Les lectures de ces deux jeunes enfants, a priori des garçons, prenaient forme au-dessus d'eux. Dinosaure, chevalier, je me suis dit que tout cela me semblait un peu stéréotypé. Et si nous avions eu deux filles, aurai-je vu se matérialiser des princesses et des fées ? J'en étais quelque peu agacée quand...

Enfin, mon œil scrutateur repère le détail qui n'en ai finalement pas un. La dernière représentation en filigrane des lectures des chérubins, des têtes blondes, de ces deux gamins innocents. Derrière les deux hommes armés, prêts à se battre, symbolisation d'une lecture d'action voire de violence, une autre symbolisation. Pas très subtile. Évocatrice. Voire tentatrice. Une lecture d'avenir, de leur avenir, quand nos deux charmants enfants si sages et si mignons avec leur nœud papillon deviendront des ados boutonneux et à la voix changeante, sous le joug impitoyable de leurs hormones. L'image d'une femme lascive dans une tenue des plus suggestives vient déjà hanter leurs jeunes esprits influençables. Était-il vraiment nécessaire de l'ajouter ?

Désormais, je ne peux m'empêcher de m'interroger. Pourquoi les deux garçons sourient-ils ?

lecture_enfant

 

Évidemment, j'ai choisi une autre photographie pour mon affiche. Point de perversion dans cette image d'une petite fille faisant à la lecture à des ours en peluche. Enfin, j'espère...

bottes_7_Lieu

 

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vendredi 22 décembre 2017

Faut que j'vous dise, la poésie et la beauté sont de fugaces instants

Je viens de mettre sous cloche quelque chose de précieux. Quelque chose de rare. Dans sa fiole, contenant qui déjà en lui-même, dans sa forme comme dans son nom, annonce un peu le côté peu ordinaire de son contenu. Car il ne se met pas en bouteille ni dans une boîte. Ce contenu nécessite une présentation à la hauteur de ce qu'il est, de ce qu'il représente, de l'extraordinaire. Sous une cloche, dans une fiole, j'ai mis un peu... de magie de Noël.

20171222_152029

En ces périodes de fête, nous avons besoin de rêver. Nous avons envie de croire que le merveilleux est possible. Et pourquoi pas ? Et pourquoi seulement en décembre ?

 

A bien y réfléchir et à bien y regarder, le merveilleux nous entoure. Il peut être beau ou poétique, voire les deux. Cette magie de Noël nous est venue de façon inattendue, lors d'un accueil de classe. Les élèves fabriquaient des boules de Noël en papier, décorées de paillettes et de sequins. Ces fines particules colorées se sont bien sûr insinuées partout. Nous étions gentiment effrayées lorsque nous avons constaté les « dégâts ». Munies du balai et de la balayette, nous nous sommes employées à en ramasser un maximum pour proposer une salle aussi propre que possible pour la classe suivante. Alors que j'ôtais d'un coup de balayette les paillettes multicolores pour les envoyer par terre, je fus émerveillée par cette pluie colorée et scintillante. J'ai partagé cette beauté éphémère avec ma collègue. Mais ce n'était pas assez. Alors nous nous sommes associées pour tenter de partager cela avec les autres. Bon alors, autant l'avouer, ce fut un véritable challenge de prendre en photo de minuscules paillettes qui tombent. Aussi, avons-nous préféré la vidéo mais là encore, ce sont surtout les sequins qui sont visibles. Mais qu'importe, il y a un peu de magie dans tout ça.

 

Je me remémore d'autres instants éphémères de beauté poétique.

Un matin en me rendant au travail, j'admirais le ciel qui s'étendait devant moi. Les nuages blancs étaient bas, si bas, qu'on eut dit des montagnes lointaines perdues dans un ciel bleu rosé.

Ou cet autre matin, toujours sur la route, où je vis virevolter quelque chose de blanc. Je pensais que c'était un sac plastique mais en fait, il s'agissait d'un bloc de glace échappé du toit d'un camion qui venait de me faire la démonstration d'un triple lutz piqué ! Bon, ensuite, j'ai doublé le camion car passée la poésie, des blocs de glace, ça peut être dangereux pour les pare-brise !

Ou encore un soir, alors que je rentrais chez moi, dans le noir de l'hiver, j'ai pu admirer la forme fantomatique offerte par la fumée du pot d'échappement de la voiture qui me précédait et qui entoura le véhicule durant quelques secondes.

 

La beauté, la magie et la poésie sont partout. Parfois sur de brefs instants. Il nous suffit d'ouvrir les yeux...

 

Noyeux Joël !

 


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mardi 29 août 2017

Faut que j'vous dise, c'est la reprise !

Aujourd'hui, c'est la reprise.

D'où mon long silence aoûtien, je glandais. Enfin, presque. J'ai fait de la couture, lu plein de livres, fait plein de siestes et de temps en temps, je m'occupais de mes enfants !!

 

Point de dimanche soir dans l'angoisse pour moi, à stresser, à me triturer les cheveux, à avoir le ventre qui symptomatise l'angoisse de la fin des congés. C'est fou ce qu'un jour de décalage peut tout changer. Bon, après, agent très spécial au service de la lecture publique, ce n'est pas non plus le pire métier du monde. J'ai donc repris ce matin, joyeusement, accompagnée par le soleil que nous n'avions pas assez cotoyé durant les vacances.

 

Je me suis levée motivée. J'ai déjeuné dans le calme d'une maison endormie. J'ai fait mon sport dans la semi obscurité du jour naissant. Je me suis lavée au doux son des premiers réveils trop matinaux de notre progéniture. J'ai lâchement laissé l'homme gérait. Puis, j'ai quitté le domicile familial avant même d'avoir aperçu l'une de mes adorables têtes blondes.

 

Un carton plein de livres et de DVD à rendre dans le coffre, mon sac isotherme faisant son grand retour à la place du mort, j'étais prête à reprendre la route, direction : la médiathèque ! On the road again...

 

Je reprenais pleine d'espoir et de motivaation et un peu moins de fatigue.

Dès le début, l'informatique ne me laissa pas de répit tout en ne manquant pas de me surprendre. Ce matin, lorsque j'ai badgé en arrivant, enfin, au bout de 5 mn, le temps que l'ordinateur se mette en route, je fus surprise et interloquée en voyant l'heure de badgeage s'afficher : 9h44 ! Je regardai l'horloge, ma montre. Je fut saisie d'une incompréhension totale, j'étais pourtant partie à l'heure. Et ma collègue n'était pas encore là, il ne pouvait être déjà si tard dans la matinée ! Il s'avère que mon ordi avançait (et avance toujours) d'une heure. Il est à l'heure d'été 2018 ! Et la badgeuse semblait avoir décidé d'être en avance également. Heureusement, les pendules se sont remises à l'heure, du moins pour la badgeuse, dès ce midi.

Il m'a fallu attendre près d'une heure pour accéder à ma messagerie d'où ne manqueraient pas de m'attendre des centaines de mails en souffrance (en fait, 36). L'automate de prêt avait quand à lui décidé qu'il n'était pas utile d'être au maximum de ses fonctions tant que nous n'étions pas ouvert au public ! A l'heure de l'ouverture, tout fonctionnait (sauf l'horloge des ordinateurs).

Le quotidien professionnel reprend peu à peu ses droits. Les adhérents vont et viennent. Le renouvellement du fonds valorisé se met en place. Les premières recherches d'intervenants pour 2018 commencent. C'est reparti pour un an !

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dimanche 30 juillet 2017

Faut que j'vous dise, c'est une histoire fumante

Nos rencontres sont bien souvent brèves et éphémères. Il est vrai que je m'embrase rapidement et très vite, cela devient chaud entre nous. Finalement, j'ignore quasiment tout de lui. Je ne prends pas le temps de le laisser me raconter son histoire. Je le consume, je le dévore. Certains ont d'ailleurs meilleur goût que d'autres. Je n'aime pas le goût insipide des soit-disant autobiographies ou biographies de star d'un jour. Je n'apprécie guère le goût amer d'histoires douloureuses à la couverture sèche. Je m'amuse des surprises qu'ils représentent parfois. Un trou dans la couverture ou même, des poils qui dépassent ! Des tirettes, des éléments qui se soulèvent, se dévoilent, de surprenantes matières qui jalonnent les pages et me font un repas complet et varié.

Mais ceux que je préfère, ce sont les livres anciens. Les pages jaunies par le temps, les vieilles reliures, les pages cousues par le fil blanc. Le cuir, j'aime son contact. Je brûle ardemment, je le caresse de toute ma chaleur.

De nos histoires, il ne reste jamais que des cendres, souvenirs qui s'envolent au souffle d'un courant d'air.

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