Faut que j'vous dise

jeudi 23 mai 2019

Faut que j’vous dise, quand un mot suffit à tout dire

Je vous avais promis il y a quelques temps un passionnant billet sur les tics de langage. Il était grand temps que je tienne cette promesse faite à demi-mot.

 

Je n’ai pas une ouïe extraordinaire et pourtant, j’entends trop de choses à mon goût. J’ai déjà évoqué mon problème de misophonie qui me fait entendre malgré moi, tous les bruits buccaux et d’autres encore. Une fois que mes oreilles les ont captés, je n’entends plus que ça, je focalise mon attention sur ce qui m’horripile. Il en va de même avec ces petits mots, ces tics de langage qui reviennent encore et encore dans les discours de certaines personnes.

Rappelons que « en fait » a connu un vif succès pas si lointain. On eut pu dire qu’il était dans toutes les bouches ! Il a longtemps trôné en première place des tics de langage. La jeunesse a également eu une certaine faiblesse pour « genre » qui servait bien souvent à introduire une comparaison ou une attitude. Il en existe aussi liés à nos sens, cela peut même s’avérer être une méthode de communication. En effet, cela permet d’adapter son discours à son interlocuteur, selon qu’il soit plus visuel par exemple, on ponctuera les phrases de « tu vois » afin de s’assurer de l’attention de l’autre. Certains tics permettent de marquer un temps d’arrêt, pour laisser une idée cheminer dans la pensée avant de l’exprimer à l’oral. On se retrouve ainsi avec des « euh » ou des formes de bégaiement « on pense à des…des… des répétitions d’un même mot ». « C’est clair », tout le monde peut être touché par ces petites habitudes bien souvent involontaires et inconscientes.

Aujourd’hui, celui qui remporte semble-t-il tous les suffrages est un mot de deux syllabes, outrancièrement exploité. Voilà. Voilà ou comment un simple mot permet d’achever une phrase, d’exprimer la fin d’une idée, de faire comprendre à tout un chacun où on voulait en venir. Il apparaît qu’il est communément admis que nous comprenons tout ce qui se cache derrière. La personne qui le prononce considère qu’il suffit à la compréhension, la personne qui écoute estime comprendre et se fait lui-même l’auteur de ce-qui-n’est-pas-prononcé. Juge-t-on le ou les auditeurs aptes à saisir la teneur de ce simple mot ? Pense-t-on que nous sommes sur la même longueur d’onde et que ces cinq lettres n’entraîneront donc aucun malentendu ? Ou, ceux qui l’emploient sont-il devenus trop fainéants pour construire des phrases complètes, pour aller au bout de leurs idées ?

Les SMS ont modifié l’approche de l’expression écrite en réduisant les mots à quelques lettres phonétiquement proches ou inventant des sigles pas toujours faciles à traduire. Les smileys ont remplacé les signes de ponctuation et autres expressions des sentiments laissant à chacune la liberté d’interpréter ce cœur suivi d’une tête ronde et jaune qui pleure à côté d’un verre à cocktail… Désormais, l’expression orale subit également les affres du gain de temps. On économise nos mots sous toutes leurs formes, on les malmène, on les exploite, on les maltraite et parfois même, on les oublie…

 

Tiens, pour l’amour des mots, je pense à un sketch de Constance qui donnera peut-être envie de réemployer des mots dans leur entier. Des mots courts, des mots longs, des mots rigolos, des mots qui vous émeuvent, qui vous séduisent voire, qui vous émoustillent…

 

Voilà !

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lundi 15 avril 2019

Faut que j'vous dise, j'ai fait un stage photo

Un vent frais nous accompagne dans l’attente de notre formateur. Au passage d’une porte, nous nous trouvons. Il nous emmène, dans un de ses repères pour nous initier. Autour de boissons chaudes, chacun parle de soi : son métier, ses passions, son gros appareil. Les minutes défilent et se transforment en heure sans que nous soyons lassés par la théorie que Lionel nous enseigne. Il fait des schémas, certains prennent des notes, il manipule nos appareils en diverses démonstrations de son enseignement. Le temps file et déjà, il est temps de mettre en pratique ce que nous venons d’apprendre. Entre port et remparts, nous nous mitraillons les uns les autres. Certains prennent la pause tandis que d’autres apprivoisent le flou d’arrière-plan. Après une pause déjeuner presque « hypnotique », notre guide-formateur emmène le groupe réduit pour de nouveaux exercices. La ville est superbe et se prête au jeu de nos tentatives artistiques. Le Môle des noires s’offre à nos objectifs, les trois photographes en herbe cherchant le meilleur angle pour valoriser cette langue de pierre qui serpente. Le plongeoir, un cairn, nous changeons de sujet pour mieux appréhender les cadrages, les focales, notre créativité. Privilégiés, nous l’étions déjà par la météo, les paysages et la formation, nous l’avons été davantage en finissant cette journée par une sortie en bateau. Ondulant sur les vagues (« C’est le bateau qui bouge, pas la mer », à moins que ce ne soit l’inverse, je ne me souviens plus), Hervé nous embarque dans une visite historique tout autant que photogénique. Une plage à l’abri des regards et à l’eau émeraude, la vierge surplombant le rocher de Bizeux (aussi appelé Notre-Dame la dominatrice !), les forts et même d’autres esquives qui croisaient notre route. Cheveux au vent, éclaboussée par les embruns (et par les vagues créées sur notre passage), je m’émerveille, oubliant presque mon Nikkon, lui préférant mon appareil photo plus ancien, mes yeux. Nous rentrons au port, la tête pleine de souvenirs, la carte mémoire pleine de photographies, le petit cahier rempli d’informations pratiques pour, à notre tour peut-être, réaliser de superbes photographies.

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Plus d'infos : Crazy Pixel Photo

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jeudi 4 avril 2019

Faut que j’vous dise, les bibliothécaires bretons sont cannibales

Pourquoi les bibliothécaires se mangent-ils ainsi les doigts ?

J’ai intégré une nouvelle équipe de bibliothécaires dans une nouvelle région. Je travaille à une autre échelle et j’enrichis mon parcours professionnel de cette nouvelle expérience. Certains aspects du métier sont différents de là d’où je viens, le grand Nord. Ce n’est ni mieux, ni moins bien, c’est juste une autre façon d’aborder certaines tâches. Mais dans l’ensemble, les missions se ressemblent et les problématiques aussi (décidemment, l’informatique pose problème partout !).

J’ai cependant pu constater que les brétiliens avaient un rapport au corps, à leur corps, différent et même, un peu gênant. Je capte facilement, à mon grand désarroi, les tics de langage des gens *. Je suis aussi misophone, ce qui est réellement gênant au quotidien. Par exemple, j’ai beaucoup de difficultés à m’endormir car le moindre bruit me perturbe. Je n’aime guère, comme beaucoup de gens, fréquenter les salles d’attentes des médecins, remplis de gens qui reniflent et font de nombreux bruits de bouche.

Je partage un bureau avec plusieurs personnes. Et chacune d’entre elles titille ma misophonie. Parmi eux, un allergique qui renifle si bruyamment que je l’entends de l’autre bout de la médiathèque (et il renifle tout le temps). De surcroît, il semble que sa proéminence nasale soit une zone érogène vu le nombre de fois où il la touche, la caresse le long de ses ailles, voire y insère légèrement les doigts pour lui chatouiller l’intérieur. C’est un collègue complet car non content d’user de son roc, de con cap, que dis-je ? de sa péninsule, tel un chien régulant sa température, il sort régulièrement sa langue, durant plusieurs secondes et sans raison apparente (comme pour faire une grimace à un jeune passant devant nos fenêtres). Il lui arrive même parfois de rouler des pelles à l’air !

Toujours lié au buccal, les autres collègues ont une pratique un tantinet cannibale ou anthropophage (je ne sais jamais) qui consiste à se manger les doigts de façon très régulière en émettant de petits bruits de succion ou de légers machouillages.

Je croyais ces problèmes endémiques et liés à mon lieu de travail mais au détour d’un passage dans une autre structure, j’ai découvert un autre adepte de l’automutilation digitale (aussi appelée autophagie) !

Mais qu’arrive-t-il aux bibliothécaires de Bretagne ?! Quelle est donc cette pratique ? Sont-ils si particulièrement stressés par leur activité professionnelle ? Suis-je une personne particulièrement décontractée dans son travail ? Le niveau de stress et de nervosité peut-il ainsi varier d'une région à l'autre et entraîner de tels comportements ? Si au moins, ils se consommaient en silence !

Peut-être est-ce que je généralise trop. Après tout, j’ai croisé beaucoup de bibliothécaires depuis que je suis arrivée et je n’en ai pas vu tant que cela qui se rongeait les ongles. Mais pourquoi sont-il presque tous dans mon bureau !?!

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*qui fera l’objet d’un prochain article

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mercredi 6 février 2019

Faut que j’vous dise, je suis pour l’égalité… dans la contraception

Je me suis récemment rendue chez le médecin. C’était la première fois que je me rendais dans ce cabinet. Je me suis installée dans la salle d’attente. J’ai commencé à regarder les affiches qui m’entouraient. Des nouvelles affiches, sur d’autres maladies, d’autres préventions, d’autres accompagnements. 

L’une d’elle a particulièrement attiré mon attention. Elle nous interpellait avec une question : « Vous vous posez plein de questions sur la contraception ? » et nous annonçait qu’ici, on offrait des réponses. J’avais justement lu un article il y a peu indiquant que la prise interrompue de la pilule pendant une semaine était due… au pape ! Non pas que le pape était également gynécologue mais l’un d’entre eux l’avait conçu pour que ce dernier accepte plus facilement ce mode de contraception. C’est du moins ce qu’avance cet article.
Et puis, mon regard a poursuivi son chemin vers le bas et sa longue énumération avec petites icônes des différentes contraceptions existantes. Une personne avait, judicieusement, rajouté « la vasectomie ». En effet, parmi les onze méthodes contraceptives, seule une concernait les hommes. Le rajout de la vasectomie est donc d’autant plus intéressante, voire nécessaire. Cependant, dans le même genre, on aurait pu rajouter la ligature des trompes et creuser à nouveau le fossé entre les contraceptions.

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Ainsi, les femmes peuvent se droguer, s’insérer divers objets dans différentes parties du corps afin de se protéger (principalement d’une grossesse). C’est donc à elle de faire face et de subir les divers désagrément de chacune de ses méthodes. Il est vrai que si elles tombent enceintes, c’est le plus souvent à elles aussi d’en assumer les conséquences, quelles qu’elles soient.
Mais pourquoi tant d’injustice ?! Pourquoi seulement un moyen de contraception destiné à la gente masculine ? C’est trop peu. La différence est si énorme, si colossale, si injuste. Les hommes ont le droit de voir les scientifiques, les médecins se penchaient sur ce sujet. Ils ont le droit d’avoir des recherches coûteuses qui viseraient à trouver des modes de contraception qui leur seraient adaptés. Eux aussi ont le droit de souffrir des effets indésirables d’une pilule qui peut jouer sur leur humeur ou encore leur libido. Un stérilet masculin qu’ils sentent dans leur corps créant un inconfort même temporaire. Un petit bout de métal caché quelque part sous la peau qui peut être désagréable. Les hommes ont droit également de se protéger avec des effets secondaires dont le plus grave reste l’accident. La conception involontaire et souvent non désirée d’une nouvelle vie qu’ils avaient tenté d’éviter. Bon, là, ce ne sera pas à eux d’assumer la suite mais ils seront responsables. Bah oui, parce qu’ils auront mal pris leur pilule, que leur stérilet aura été mal posé…
Parce que la lutte pour l’égalité des sexes doit être sur tous les fronts. Ensemble, exigeons une contraception plus étendue pour les hommes afin qu’ils se retrouvent sur un pied d’égalité avec les femmes. Ami(e)s scientifiques, vous avez du boulot, il y en a 10 à trouver.

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jeudi 24 janvier 2019

Faut que j'vous dise, ce soir, j'aime ma balance

Et croyez-moi, ce n'est vraiment pas une phrase que les femmes prononcent souvent.

J'ai été assez active physiquement aujourd'hui. Des abdos, de la marche, du yoga et du stepper. J'ai voulu voir si cela avait pu avoir une petite incidence sur mon poids. Je ne monte que rarement sur ma balance. D'abord, parce que je n'aime pas la réalité qu'elle m'affiche. Ensuite, parce que je préfère me fier à mes vêtements (un peu serrés ou, au contraire, un peu large, voire descendants pour les pantalons).

Bien que je sois montée sur l'une de ces infernales machines il y a peu, chez un de ces odieux spécialistes qui nous obligent à monter dessus, j'ai remis ça. Le chiffre affichait ne m'avait malheureusement pas surprise. Bien sûr, j'ai encore retiré un kilo au chiffre déjà diminué par le médecin (parce que j'ai estimé que mes fringues étaient vraiment très lourdes !). Au moins, j'étais à peu près stable dans mon désespérant surpoids.

Je me console bien souvent en me disant que je sens mes quadriceps, je devine mes abdos et m'amuse à me dire que mon homme se fait mal à la main lorsqu'il me claque les fesses.

Allez savoir pourquoi, ce soir, j'ai voulu savoir si le miracle méconnu du 24 janvier était possible. Etait-ce parce que je m'étais rendue aux abords d'un lieu touristique d'importance et agréablement déserté (ou presque) en cette période de l'année ?

Et quelle joie de voir ce qui m'était annoncé. Une perte de poids ! Le changement de dizaine tant désiré ! Ce qui me semblait inaccesible devenu réalité !

Bonheur, joie, petit plaisir (il faut peu de chose).

Bien sûr, ma première pensée fut : la balance est déréglée. J'ai pensé demander à mon homme de se peser pour vérifier son efficacité. Mais... Mais, ai-je réellement envie de savoir que oui, elle est bien déréglée et enlève plusieurs kilos. Ai-je envie de sortir de ce rêve ? Ai-je envie de descendre de mon petit nuage (maintenant que je suis presque redevenue légère) ?

NOOOON !!!

Par contre, j'ai bien envie de fêter cette bonne nouvelle avec un bon fondant au chocolat (et de fait, ne pas remonter sur la balance avant... longtemps). Je peux me le permettre, de toute façon, je vais nager demain.

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Posté par Tytania à 21:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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