On dit qu'un bonheur ne vient jamais seul. Chez nous, si nous n'irons pas jusqu'à parler de malheur, on peut dire que les ennuis ne vont jamais seuls non plus.

Après la semaine de l'horreur dont j'ai récemment fait le récit, nous entrons désormais dans la semaine de la lose.

Je vous passerai les loses personnelles pour me contenter de la lose professionnelle. Pendant qu'un médecin vérifiait que ma collègue est apte au travail, je travaillais tranquillement sur des contrats. J'étais en pleine rédaction, concentrée sur mes chiffres quand soudain, plus rien. Un bruit de plombs qui sautent, de fusibles qui pètent et puis, c'est l’extinction. Mon ordi s'éteint (mais rien d'autre ne s'éveille), le téléphone m'abandonne, l'alarme s'alarme (mais sans bruit, Dieu merci). Je calme l'alarme. Je vérifie le tableau électrique mais bizarrement, tout est sur « on ». Nous avons (malheureusement) l'habitude de ce genre d'aléas, de ces petits désagréments mais là, je suis un peu perdue. Mon cerveau en perd ses moyens et ne parvient pas à trouver explication et ou solution.

Pour autant, je ne panique pas et commence mes appels au secours aux collègues au loin là-bas. Une interlocutrice, plus efficace dans ses réflexions que moi, me demande si c'est général. Encore éteinte (à l'image de tout ce qui me permet, ou presque, de travailler), je lui répond que c'est difficile à savoir en plein jour, si les lumières des voisins sont allumées ou pas ! Je me trouve presque spirituelle, en fait, je dois juste avoir l'air d'une bécasse. Elle m'invite à me renseigner chez un voisin. Tiens, pas bête, je suis juste entourée d'une école et d'une mairie ! A peine sortie, je subodore qu’effectivement, je ne suis pas seule dans la détresse, l'alarme de l'école semble bien en peine elle aussi. Le personnel de mairie me le confirme, panne générale sur tout le village.

Bon, tout va bien. Pas d'automate. Pas d'ordinateur pour le prêt secouru ni même un simple renseignement sur nos documents. Et puis, pas de clim et ça, c'est gênant aussi, ça fout en l'air ma super comm !

J'envoie ma collègue manger ailleurs (ben ouais, pas de micro-ondes!) et je m'occupe en préparant nos sacs mystère (une des activités qui ne nécessite pas forcément d'avoir l'électricité). Mais tout un village coupé du monde, ça fait beaucoup de gens qui râlent (et oui, on ne peut pas faire à manger et pas de lumière aux toilettes non plus!). Donc, vers 12h15, tout est revenu.

Oui, enfin, presque. A chaque fois que nous avons la moindre petite coupure, quelque chose ne revient pas. Bien souvent, c'est Internet. Nous sommes opérationnelles mais coupées du monde moderne (alors que maintenant, je pourrais publier sur les réseaux sociaux que nous avons la clim!).

La lose.

 

PS : Et en plus, ma chaussure vient de se casser, snif.